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Les tactiques audacieuses qui ont maintenu les manifestations en Iran

Les tactiques audacieuses qui ont maintenu les manifestations en Iran

Nicosie – Manifestations de style flashmob, images diffusées sur des tours, fontaines d’eau teintes en rouge sang : de jeunes Iraniens armés d’un peu plus que leurs téléphones ont adopté une variété de tactiques pour démontrer la ténacité de Mahsa Amini dans la mort.

Le mouvement de protestation montre qu’il peut aller bien plus d’un mois après son émergence, malgré une attaque des forces de sécurité qui a fait au moins 122 morts.

Les manifestations ont éclaté en réponse à la mort d’Amini, 22 ans, après son arrestation par la police des mœurs à Téhéran pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique.

Des femmes ont mené la charge, jetant et brûlant leurs foulards, défilant et scandant “Femme, Vie, Liberté” et “Mort au dictateur”, des actions copiées dans le monde entier.

Bien que les coupures d’Internet réduisent l’accès aux applications populaires comme Instagram et WhatsApp, les jeunes avertis ont quand même réussi à sortir des vidéos de leurs manifestations.

Dans un jeu de chat et de souris, les conducteurs ont klaxonné pour soutenir les manifestants et ont bloqué les routes avec des voitures pour ralentir les forces de sécurité, ont montré des images.

Les rues ont également été bloquées par des bennes à ordures renversées et en feu, et dans certains cas des voitures de police renversées.

Les forces de sécurité ont réagi en prenant des motos pour couper la circulation et ont été vues en train d’arracher des plaques d’immatriculation pour identifier les conducteurs en vue d’une arrestation ultérieure.

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On voit souvent des officiers à cheval tirer sur des manifestants avec des tirs d’oiseau, des gaz lacrymogènes ou même des balles de peinture pour les marquer et éventuellement les retrouver.

– ‘Grand Courage’ –

Les jeunes, pour leur part, ont enfilé des masques, mis leur téléphone en “mode avion” pour éviter d’être repérés et emballé des vêtements supplémentaires pour remplacer ceux éclaboussés de peinture.

Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, des manifestants ont démantelé une caméra de surveillance au-dessus d’une route à Sanandaj, une ville de la province natale d’Amini, au Kurdistan.

Des manifestants ont été vus organiser des rassemblements pop-up plus nombreux mais plus petits loin des places de la ville généralement utilisées pour les rassemblements politiques, dans d’autres images en ligne.

“Il faut beaucoup de courage pour descendre dans la rue quand les forces de sécurité connaissent tout le monde”, a tweeté Shadi Sadr, directeur du groupe basé à Londres Justice for Iran.

“La rébellion continue, mais nous voyons moins de vidéos en raison des restrictions strictes d’Internet.”

Des femmes ont été filmées en train de se couper les cheveux lors de manifestations, un symbole de deuil transformé en une démonstration de résistance ancrée dans le folklore persan.

Ceux qui ont trop peur de descendre dans la rue ont trouvé d’autres moyens, plus discrets, de contribuer à la cause.

Une forme de protestation a émergé il y a deux semaines, les fontaines de Téhéran semblant être remplies de sang après qu’un artiste a rendu l’eau rouge pour refléter l’attaque meurtrière.

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De même, des étudiants en art d’une université de Téhéran ont tourné une vidéo montrant leurs mains levées en l’air et couvertes de peinture rouge.

Le même jour, des militants du groupe Edalat-e Ali ont piraté une émission d’information en direct de la télévision d’État, mettant des réticules et des flammes sur une photo du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Des images partagées en ligne cette semaine montraient une photo d’un religieux pendu à une autoroute à Téhéran.

Dans une vidéo prise une nuit, le visage d’Amini a été projeté sur le côté d’une tour résidentielle dans la ville d’Ekbatan, à Téhéran, alors que les manifestants criaient des slogans depuis la sécurité des fenêtres ou des toits.

– ‘Équilibre instable’ –

Des écolières ont même pris le relais, tourné le dos à la caméra et retiré leur hijab avant de lever le majeur sur les portraits de Khamenei en classe.

Le chercheur indépendant Mark Pyruz a déclaré que son analyse des preuves visuelles sur les réseaux sociaux montrait que le pic des manifestations avait eu lieu le 21 septembre et que la participation avait diminué ce mois-ci.

Mais “tout en connaissant des hauts et des bas, il reste un niveau de durabilité jamais vu lors des précédentes périodes de protestation”, comme les manifestations de 2019 déclenchées par une hausse choc des prix du carburant, a-t-il déclaré à l’AFP.

Henry Rome, spécialiste de l’Iran au Washington Institute, a déclaré qu’il s’attend à ce que les manifestations se poursuivent pendant un certain temps.

“Plus ils deviennent organisés et coordonnés, plus ils ont de chances d’élargir leur base de soutien et de présenter un défi clair et à court terme au système”, a-t-il déclaré à l’AFP.

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«Mais l’appareil de sécurité de l’État excelle à perturber ce type d’opposition organisée, avec une boîte à outils bien rodée de violence, d’arrestations, de perturbations d’Internet et de menaces.

“Donc, pour l’instant, l’État et les manifestants sont dans un équilibre instable, aucun des deux n’étant capable de surmonter le défi de l’autre, ce qui suggère que ces manifestations et violences actuelles pourraient persister plus longtemps.”

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